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Historique du terroir

Par Pierre Jacquinet                     
 » Loufin bouvié, l’iue sus la rego, E la cansoun entre li brego, L’anavo à pas tranquile, Coume un rèi dins soun gouvernamen… « 
 » Le fin laboureur, l’úil sur la raie, Et la chanson entre les lèvres, Y allait à pas tranquilles, Comme un roi dans son royaume… « 
Frédéric Mistral :  » Mireille, chant VII  »                

La propriété des Olivades est la dernière des terres encore cultivées de ce vieux terroir situé au Sud Est de la commune d’Ollioules.

Son histoire, en tant que propriété indépendante, remonte à la Révolution. Sans évoquer les chevauchées de BONAPARTE en ces lieux et les combats qui se déroulèrent en 1793 entre Ollioules et le fort Malbousquet, on peut préciser que cette terre a été acquise au mois d’août de la même année comme  » bien national « :

 » L’an 2ème de la République française une et indivisible, le quatorze fructidor à deux heures après midi, a été mise aux enchères une terre de l’émigré De St AMANT située au quartier de Quiez consistant en vigne, oliviers, figuiers, bastide, trois sources d’eau, le tout d’une contenance de 26 cannes environ…

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La terre des Olivades a connu plusieurs propriétaires successifs. Elle est entre les mains de la famille actuelle VUILLON, depuis la fin du siècle dernier. Un fermier entretenait la vigne et l’olivier, celui-ci fournissant une huile excellente au moulin d’Ollioules.

 » Depuis lors, la propriété a subsisté telle quelle, hormis un léger agrandissement effectué au milieu du siècle dernier par achat d’une parcelle située sur la commune de la Seyne/Mer à la famille d’ESTIENNE d’ORVES, portant la superficie du terrain à un peu plus de six hectares.

 » Emaifugue duro L’oulivo, lou vènt, Que boufo is A vènt, Pamens l’amaduro, Au poun que counven. « 
 » Bien que dure soit l’olive, le vent qui souffle à l’Avent, néanmoins la mûrit, au point qui convient. « 
Frédéric Mistral : « Mireille, chant X «                                                     

La vie se déroulait au rythme du tic tac de la noria que faisait tourner la un vieux mulet servant aussi au labour…

Cependant oliviers et vignes étaient devenus peu rentables ; beaucoup d’arbres mouraient, de vieillesse ou atteints par le gel. En 1937, Jules VUILLON, le père de l’actuel agriculteur, résolut d’exploiter lui-même la propriété à laquelle il donna comme nom :  » Les Olivades  » par attachement à la commune d’Ollioules et en souvenir du temps ou l’endroit était couvert d’oliviers.

Malgré la guerre, il entreprit et mena à bien une reconversion complète dans l’exploitation des terres, les consacrant presque exclusivement à la culture des primeurs et des arbres fruitiers.

La situation de ce terroir est, en effet, idéale pour ce genre de cultures : descendant en pente douce vers le Sud-Est, ce qui favorise l’irrigation, abrité du mistral par la colline de la Garenne, il est alimenté par des puits d’une eau limpide et abondante, relayés depuis une vingtaine d’années par l’apport bénéfique du Canal de Provence. Une irrigation automatisée et exempte de tout engrais chimique, une grande variété de production, une sélection minutieuse des semences et un parfait entretien des terres permettent d’obtenir dans ce terroir d’une taille raisonnable fruits et légumes d’une qualité irréprochable.

Certes, il est déjà loin le temps où  » les Olivades  » étaient bordées de propriétés analogues.  » La Bouyère  » et les autres exploitations agricoles ont disparu, tronçonnés, englouties par l’autoroute ou le centre commercial.

Ce petit terroir est fragile et menacé : épargné de justesse par le feu qui a dévasté la colline, égratigné par une ligne à haute tension… qu’en sera-t-il demain, si nous n’y prenons pas garde ?

Le domaine des Olivades reste un témoin, à peu près le seul, du passé agricole de la commune d’Ollioules, mais un témoin vivant qui montre à chaque saison qu’une agriculture de qualité sur une veille terre exploitée depuis toujours peut produire les plus beaux fruits à force de travail, d’ingéniosité et d’adaptation aux techniques modernes. Aimons, aidons et protégeons ce petit coin de notre vieille Provence !

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